Alice RECOQUE -
La face cachée de l'IA
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"Alice RECOQUE - La face cachée de l'IA"
https://www.helloasso.com/associations/divine-emilie/collectes/teaser-et-captation-pour-le-spectacle-alice-recoque-la-face-cachee-de-l-ia
Alice RECOQUE est l'une des 72 femmes scientifiques qui auront leur nom sur la Tour EIFFEL en 2027
FORMATS
Durée : 1h10 ou 55 min pour les collégiens de 4ème-3ème sur demande
Âge : à partir de 13 ans, tout public
Jauge : 150 maximum en acoustique
DISTRIBUTION
Texte : Katell GRABOWSKA
Musique : Marc LAURAS
Images : Katell GRABOWSKA
Mise en scène : Jennifer TESTARD
Jeu : Katell GRABOWSKA et Marc LAURAS
Interprétation musicale : Marc LAURAS (violoncelle, flûtes et bendir)
Création lumière : à venir
Production et diffusion : Compagnie DIVINE EMILIE
RESUME
Le spectacle raconte en paroles, en musiques et en images l’histoire d’Alice ARNAUD RECOQUE (1929 - 2021) depuis sa naissance en Algérie française, d’une mère institutrice - sœur du Compagnon de la Libération Pierre BOURGOIN - et d’un père modeste négociant en vins. Rien ne la destinait à devenir une des seules femmes au monde ‘grande architecte d’ordinateur’ dans les années 1950-60-70, ni une pionnière de la régulation en co-fondant la CNIL, ni une pionnière de l’intelligence artificielle (symbolique et non générative), tout en défendant un numérique responsable, durable et de confiance, et souverain.
Diplômée de l'ESPCI (l'école de Pierre et Marie CURIE) en 1954, Alice est une des rares femmes ingénieures de France. Contrairement à l'immense majorité des hommes des classes moyennes de l'époque, son mari Robert la soutient et il s'occupe lui aussi des enfants ! Alice travaille à la SEA, une entreprise fondée par l’extraordinaire François-Henri RAYMOND qui devient son mentor. Avec ses équipes, il invente et vend les premiers ordinateurs français !
À la fin des années 1960, le désintérêt des élites françaises pour l'informatique, dont l'Ecole Polytechnique*, a pour conséquence une dépendance alarmante vis à vis de la firme américaine IBM. Le gouvernement DE GAULLE lance un Plan Calcul en 1966. RAYMOND est obligé de fusionner la SEA avec la CAE, pour créer ce qui est sensé devenir le nouveau champion industriel français : la Cii. Mais le Plan Calcul a été si peu réfléchi qu'il sombre rapidement, engloutissant les subsides publics.
Le mari d’Alice est très malade, elle vient d’accoucher de son troisième enfant, son nouvel employeur menace de la renvoyer, elle est mise au placard. Pourtant elle défie les dirigeants de la Cii qui imposent la création de grosses machines. Alice est persuadée que l’avenir est dans la création de mini-ordinateurs. Elle met toute son énergie et son intelligence au service de son pays. Elle peut devancer IBM dans le pilotage et le contrôle automatique des systèmes industriels. Elle obtient un détachement dans une équipe de l'INRIA (le nouveau CNRS de l'informatique) qui travaille sur un projet théorique de mini-ordinateur. Elle lit tout ce qui se fait de nouveau, des circuits intégrés, à la micro-programmation en train de s'inventer en passant par les nouvelles mémoires à semi-conducteur. Elle conçoit le MITRA 15. La Cii va de plus en plus mal. Sa direction accepte le MITRA 15. Alice se voit confier la direction du projet. Commercialisé dès 1971, le MITRA 15 et ses 25 kg offre à la France un sursaut de souveraineté remarquable : automatisation du téléphone (c'est la fin des dames du téléphone), sécurité des réacteurs nucléaires, contrôle des barrages électriques (sur le Rhône, plus de 15 barrages sont contrôlés par un MITRA 15 jusqu'aux années 2000), contrôle aérien (les aiguilleurs du ciel ne sont plus obligés d'effectuer tous leurs calculs à la main), débuts d’internet (projet Cyclades), armement, enfin l'enseignement à grande échelle de l’informatique au lycée, et plus tard lancement de la fusée Ariane !
Inquiète des pouvoirs de surveillance croissants des entreprises et des états, elle a aussi participé à la création de la CNIL.
Concernant l’IA, de retour du Japon en 1981, elle convainc BULL qu’il faut approfondir les travaux des Japonais. Alice est passionnée par le fonctionnement du cerveau humain. Elle cherche à développer la traduction automatique et se forme à la linguistique. Son groupe réalise des systèmes experts qui permettent par exemple au grand sidérurgiste français de l’époque d’éteindre moins souvent ses hauts-fourneaux tout en fabriquant une fonte de qualité plus stable. Cette application de l'IA (symbolique et non générative) est si profitable qu'elle s'exporte ! Plus tard, après le départ d'Alice, la coordination des pompiers, des gendarmes, des policiers et des hôpitaux, sur différents sites et pour différents scénarios est mise au point pour les JO d’Albertville en 1992.
Alice n’a sacrifié ni sa vie amoureuse, ni son bonheur d’être mère puis grand-mère, ni les fêtes dansantes avec les amis, ni les longues discussions sur le monde et la vie, ni le théâtre, ni Victor HUGO et PRÉVERT, ni les voyages, ni sa demi-heure quotidienne de natation. Pourtant la vie ne l’a pas épargnée. La souffrance et la violence l’ont submergée à plusieurs reprises et elles auraient pu l’engloutir si elle n’avait pas si bien cultivé l’en-vie et la passion des autres et du monde.
La musique est une composante indispensable du spectacle et elle a eu une grande place dans la vie d’Alice. De par sa variété – flûte, bendir, violoncelle et extraits de chansons – elle nous transporte dans les lieux et les époques successives de la vie d’Alice, ou bien elle exprime l’intériorité d’Alice, au-delà des mots.
DIVINE EMILIE remercie chaleureusement les descendants d’Alice RECOQUE pour les photographies qu’ils lui ont confiées.
* Jusqu'au déménagement à Palaiseau, les étudiants de l'Ecole Polytechnique n'ont presque aucun cours sur la physique du XXe siècle ; ils n'ont pas de formation à la recherche ; la botte recherche n'est créée qu'en 1959 ; le premier ordinateur - le plus petit modèle disponible, et le moins cher surtout - est installé en 1965 ; les étudiants de Sciences Po ont une option informatique en 1966-1967-1968, mais une telle option n'existe pas à Polytechnique dans ces années-là.
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