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Les Pionnières des sciences mathématisées (1800-1890)

L'astronomie exceptée, les femmes qui ont réussi à produire des résultats de recherches originaux entre 1800 et 1890 en Europe (hors Russie) et aux Etats-Unis sont seulement une douzaine (!) dans les sciences mathématisées (mathématiques, physique, chimie, ingénierie) alors même que les sciences se développent d'une façon exponentielle. Le XIXe siècle est celui de l'enfermement des femmes de la bourgeoisie dans la sphère privée. Un des cas les plus emblématiques de la fermeture des laboratoires qui s'opère au XIXe siècle est celui de Marie-Anne LAVOISIER Comtesse de RUMFORD.

 

Chimie : la Russe Julia LERMONTOVA (1946-1919 ; venue en Allemagne pour ses études supérieures et son doctorat), l’Américaine Ellen SWALLOW RICHARDS (1842-1911) et la Suédoise Louise HAMMARSTRÖM (1849-1917).


Physique expérimentale et théorique : aucune femme.


Ingénierie : aucune femme.


Réflexion interdisciplinaire et vulgarisation en sciences physiques et en mathématiques : la Britannique Mary SOMERVILLE (1780-1872).


Mathématiques : la Française Sophie GERMAIN (1776-1831), deux Britanniques Ada LOVELACE (1815-1852) et Charlotte SCOTT (1858-1831), deux Américaines Christine LADD FRANKLIN (1847-1930) et Winifred EDGERTON MERRILL (1862-1951), et trois Russes venues étudier en Europe de l'Ouest : Elena LEY, Sofia KOVALEVSKAÏA (1850-1891) et Ielizaveta FEDOROVNA LITVINOVA (1845-1919). 


Astronomie : de nombreuses femmes.

Du XVIIIe siècle au XIXe siècle, des laboratoires qui se ferment, ou quand Marie-Anne LAVOISIER épouse le Comte de RUMFORD

Le cas de Marie-Anne LAVOISIER, Comtesse de RUMFORD est emblématique de la façon dont les laboratoires de physique sont fermés aux femmes au XIXe siècle.

 

Son premier mari est le célèbre Antoine LAVOISIER qui a largement contribué à révolutionner la chimie ("Rien ne se perd. Tout se transforme" !). Marie-Anne a 13 ans lorsqu'elle sort du couvent pour l'épouser. Il la forme à la chimie. Douée et intéressée, elle devient très savante, tant au niveau théorique qu’au niveau expérimental. Antoine fait de Marie-Anne sa collaboratrice privilégiée. Il lui demande de traduire les ouvrages de chimistes britanniques dont il veut réfuter les théories, et il fait publier la traduction de Marie-Anne avec ses commentaires à lui (sans que son nom à elle n'apparaisse sur la couverture). Elle prend des notes pendant ses expériences, l’aide à rédiger ses ouvrages, dessine les dispositifs, tient salon pour ses amis scientifiques etc … 

 

Pour son malheur, Antoine qui est fermier général - et qui incarne donc l'exploitation du peuple - se fait décapiter à la Révolution. Marie-Anne devient veuve. Veuve et riche. Au bout de quelques années en 1805 elle décide de se remarier avec un physicien-ingénieur américain qui a passé 11 années à travailler en Bavière, Benjamin THOMPSON Comte de RUMFORD. Ce défenseur de l'application des sciences à la vie quotidienne est un inventeur prolifique. de Marie-Anne l'introduit à Paris grâce à ses relations influentes. RUMFORD connaît l’excellence scientifique de son épouse. Elle serait une collaboratrice idéale. Et Marie-Anne y aspire.

 

Mais RUMFORD lui refuse l’accès à son laboratoire. Il est impensable pour lui qu’une femme entre dans un laboratoire. Il ne supporte même pas qu’elle tienne salon. Le divorce n'est pas encore interdit. De conflit en conflit, le couple divorce en 1809.

Sophie GERMAIN (1776-1831) :
sous le nom de M. LEBLANC, des recherches à domicile

Pendant la Révolution, le père de Sophie est un marchand de tissus cultivé, qui gagne bien sa vie et qui s'engage comme député du Tiers État. Sophie lit et étudie les ouvrages de mathématiques de la bibliothèque familiale. Elle est tellement acharnée qu’elle fait peur à ses parents qui la prive de chauffage et de bougies. Ils la découvre transie le matin, lisant ses livres à la lueur du jour, si bien que son père finit par la soutenir en lui achetant de nouveaux livres.

 

Le nouveau temple des mathématiques est l’École Polytechnique qui naît en 1794. Elle est interdite à Sophie puisqu'elle est interdite aux femmes. Mais Sophie se lit avec un de ses étudiants, M. LEBLANC, qui vient travailler chez elle, avec elle toutes les semaines. Par son intermédiaire elle se fait connaître des grands mathématiciens français de l’époque. Après la mort prématurée de LEBLANC, elle correspond pendant plusieurs années avec GAUSS sous le pseudonyme de M. LEBLANC. Elle souhaite approfondir ses connaissances et ses réflexions en arithmétique, domaine dans lequel elle trouve des résultats originaux.

 

Célibataire, soutenue financièrement par ses deux sœurs et ses beaux-frères, sur le plan mathématique par LEGENDRE, elle mène des recherches expérimentales chez elle (!), dans un domaine peu concurrentiel pour tâcher de percer. L’Académie des Sciences met au concours par trois fois, la modélisation mathématique des vibrations des plaques métalliques frottées par un archet (les figures de CHLADNI). Sophie installe dans une de ses pièces, dans la demeure familiale, des expériences de plus en plus sophistiquées. Après un travail acharné, elle devient en 1816 la 1ère femme primée par l’Académie des sciences, une institution fondée en 1666.

Mary SOMERVILLE (1780-1872) : la seule (!) femme physicienne en Europe et aux Etats-Unis entre 1800 et 1890 (astronomie exclue)

Une seule (!) femme a réussi à exister en physique entre 1800 et 1890 : la Britannique Mary SOMERVILLE (1780-1872), et pour cause : les laboratoires de physique de recherche fondamentale et d'ingénierie étaient strictement interdits aux femmes, ainsi que l'accès aux sociétés savantes. La Royal Society (l'équivalent de notre Académie des Sciences) changea son règlement en 1945. La Royal Astronomical Society fut plus précoce et franchit le pas en 1916. Mary SOMERVILLE fut un génie grandement empêché jusqu’à ses 46 ans. Mais grâce à une santé, une énergie, une intelligence et un second mari hors normes, elle put apporter une contribution magistrale aux sciences physiques dans la deuxième partie de sa vie.

 

Son père est un officier de marine peu argenté n’est pas favorable à l’éducation des filles. Mary peut néanmoins profiter des leçons de son frère avec un précepteur. Il est tellement émerveillé par ses dons et son intérêt qu’il l’aide discrètement à se former aux mathématiques. Mary lit autant qu’elle peut malgré la privation de bougies pour la limiter. Elle est soutenue par un oncle qui lui apprend le latin. Son premier mari la met deux fois enceinte et se montre hostiles à ses désirs de sciences. Mais à 26 ans, il décède et elle devient libre.

 

De retour en Écosse, elle fréquente les cercles scientifiques et s’adonne pleinement aux mathématiques et à la physique. Elle participe à des concours mathématiques qui sont publiés dans un journal scientifique, et elle gagne une médaille en 1811, signe de sa reconnaissance comme une mathématicienne de haut niveau. À 31 ans elle se remarie avec un cousin, William SOMERVILLE, et un miracle a lieu. Son cousin l’adore, et est passionné de sciences. Ils ont quatre enfants ensemble dont Mary s’occupe beaucoup, ainsi que des deux premiers. Elle doit surmonter le chagrin de la mort de trois d’entre eux. Elle a ses obligations de maîtresse de maison et ses obligations sociales. Dans les interstices, elle réussit à se tenir au courant de l’actualité scientifique et elle poursuit sa formation de très haut niveau en mathématiques et en physique.

 

À 46 ans (enfin!), en 1827, une institution de promotion des connaissances scientifique lui commande la traduction en anglais d’un ouvrage phare du début du XIXe siècle : La Mécanique céleste du Français LAPLACE. Le niveau moyen des mathématiciens britanniques est alors médiocre, et peu d’entre eux sont capables de comprendre les méthodes de calcul différentiel mises au point par LAPLACE. Mary s’empare à bras le corps de cette sollicitation inespérée. William est élu à la Royal Society d’Edinburgh. Mary peut donc emprunter par son intermédiaire des ouvrages de mathématiques et de physique étrangers, hors de son budget. William se plaît à faire l’intermédiaire lorsque Mary a des questions à poser, mais que les convenances de l’époque lui interdisent d’échanger des lettres avec des hommes. Elle décide d’améliorer LAPLACE ! Le cher homme n’a pas des qualités pédagogiques exceptionnelles. Mary a décidé de rendre La Mécanique céleste accessible au plus grand nombre possible, et d’en faire aussi un ouvrage de formation aux nouvelles méthodes de calcul différentiel. Dès sa parution en 1831 Mechanism of the Heavens est un succès et l’Université de Cambridge l’adopte comme manuel de formation pour ses étudiants !

 

Peu après elle devient le mentor de la Comtesse Ada DE LOVELACE qui lui demande de la faire progresser en mathématiques. Elle est reconnue comme un des plus grands mathématiciens de son temps. La Royal Astronomical Society est tellement admirative qu’elle la nomme membre honoraire en 1835 alors que les femmes ne peuvent en être membre (l’astronome Caroline HERSCHEL reçoit le même honneur au même moment). Le Premier Ministre lui octroie une pension, qui est augmentée par son successeur !

 

Mary se lance alors dans un nouveau projet totalement inédit : elle veut proposer un tableau aussi général que possible des connaissances de son temps en physique, en tâchant d’y trouver une cohérence et des correspondances. Le projet est titanesque. Mary veut maîtriser l’astronomie, la mécanique, l’optique, l’électricité, le magnétisme, la chaleur, la météorologie, et la structure de la matière au plus haut niveau, les digérer, et en proposer une présentation peu mathématisée qui permette de prendre de la hauteur et de réfléchir dans un autre langage tout en rendant ces connaissances accessibles à un plus vaste public. À nouveau William s’engage comme son fidèle collaborateur. On the connection of physical sciences paraît en 1834. Le succès est tel qu’il connaît dix éditions successives qui intègrent les nouvelles avancées de la physique pendant des décennies. Il s’agit d’un des plus grands best-sellers scientifiques du XIXe siècle (!) et l’un des premiers livres de vulgarisation scientifique.

 

Elle poursuit son projet global autour de la physique. À 67 ans en 1848, elle publie un autre monument : Physical Geography, son plus grand succès d’édition, qui devient à son tour un manuel de référence pour les universités.

 

Elle s’attelle ensuite pendant dix longues années à son dernier livre (entre deux rééditions de On the connection of physical sciences) : Molecular and Microscopic Science, qui paraît quand elle a 88 ans.


Dépassant l’interdiction faite aux femmes de pénétrer à l’intérieur d’un laboratoire de physique, Mary SOMERVILLE a eu un très grand impact en terme de diffusion des connaissances mathématiques, physiques et dans une moindre mesure chimiques, à travers l’Europe.

Ada LOVELACE (1815-1852) : un génie maltraité et entravé 

On pourra lire avec profit la 1ère biographie en français de Catherine DUFOUR : Ada ou la beauté des nombres (2021)  

 

Ada est aujourd’hui connue pour avoir écrit le premier programme pour une machine à calculer en 1843 ; d’une façon anachronique, on peut la voir comme le premier programmeur informatique. 

 

La vie d’Ada a été une longue souffrance allégée par l’opium et les mathématiques. Sa mère l’a maltraitée jusqu’à son mariage, puis son mari, si bien qu’elle a été très malade toute sa vie jusqu’à un atroce cancer de l’utérus. La mère d’Ada a craint que sa fille ne tombe dans la débauche comme son père le poète Byron, et elle a pensé que les mathématiques l’éloigneraient du mauvais chemin. Une telle excentricité pour une femme était admissible dans la riche aristocratie. Ada était extrêmement douée et elle a eu la chance d’avoir un temps la géniale Mary SOMERVILLE comme mentor. . 

 

Mais les institutions étaient fermées aux femmes, en particulier la Royal Society, l’équivalent de notre Académie des Sciences. Ada ne pouvait exister en mathématiques qu’à travers une alliance avec un homme scientifique. Elle connut cette alliance pendant plusieurs années BABBAGE. Ce mathématicien génial tentait de produire des tables mathématiques - très utiles pour la navigation notamment - grâce à des machines, pour éviter les nombreuses erreurs qu’on y trouvait. Un article fut écrit en français sur le principe d’une de ses machines et BABBAGE encouragea Ada à le traduire en anglais et à y ajouter ses commentaires. Loin de ce qu’avait pensé BABBAGE pour sa machine, Ada imagina une façon très novatrice de la programmer en introduisant la première boucle algorithmique. En visionnaire, elle imagina aussi que la machine pourrait écrire de la musique, et qu’elle pourrait manipuler des grandeurs symboliques abstraites ! 

 

Puis Ada et BABBAGE se fâchèrent. La carrière scientifique d’Ada aurait pu être éblouissante. Mais elle ne trouva aucun autre mathématicien ou physicien avec qui conclure une alliance, et elle mourut jeune dans d’atroces souffrances dues à un cancer de l’utérus ...

Ellen SWALLOW RICHARDS (1842-1911) : une légende 
de la chimie au service de la santé, engagée pour les femmes 

Les parents d’Ellen, de milieu modeste, ont veillé à ce qu’elle reçoive la meilleure éducation possible. Mais Ellen doit travailler et économiser pour entrer à 25 ans au Vassar College, une des premières universités pour femmes des USA.

 

Elle s’y passionne pour la chimie, et est encouragée à se perfectionner au MIT, bien qu’on y refuse les femmes. Après un vote en 1870, Ellen est la première femme à y être acceptée, avec le statut d’‘étudiante spéciale’. Elle étudie jusqu’à la thèse de doctorat. Mais le MIT refuse de lui délivrer son diplôme. À la même période la Women’s Education Association (WEA) a obtenu du MIT qu’il mette à la disposition d’étudiantes un laboratoire afin qu’elles y apprennent la chimie, tous les frais étant à la charge de la WEA. Ellen s’engage en tant qu’enseignante bénévole pour que les femmes n’aient pas à souffrir comme elle d’un accès très difficile à la pratique expérimentale. Cette action finit par convaincre le MIT d’admettre les femmes en 1883. Très militante, Ellen participe aussi à la création de l’American Association of University Women en 1881.

 

Entre temps elle s’est mariée à celui qui dirige le Département du génie minier, et son mari la soutient, une exception pour l'époque. Ellen n'a pas d'enfant, ce qui lui laisse beaucoup de temps pour ses divers travaux et engagements. 

 

En ces années post-guerre de sécession les populations des villes du nord explosent. Avec l’industrialisation et la pollution qui en résulte, la santé des gens se dégrade. Ellen travaille dans le premier laboratoire de chimie sanitaire du pays. Avec ses assistantes, elle mène une étude d’une ampleur sans précédent de la qualité des eaux intérieures du Massachusetts. Il en découle les premières normes étatiques de qualité de l’eau du pays et la construction de la première station moderne de traitement des eaux usées municipales. Puis elle co-écrit un livre sur l’ingénierie sanitaire qui devient une référence.

 

Elle devient ensuite une pionnière de la chimie de la nutrition, dans le but d’améliorer l’alimentation des populations urbaines qui est de bien moindre qualité qu'à la campagne. Dans ce domaine également, elle devient une référence nationale. Elle écrit de nombreux ouvrages pour éduquer la population. Et tant d’autres choses …

Sofia KOVALEVSKAÏA (1850-1891) : 2ème femme à soutenir une thèse de mathématiques en Europe et 1ère professeure d’université

Sofia est issue d’un milieu favorisé. Son père, général d’artillerie, n’est pas favorable à son éducation. Mais Sofia lit en cachette de ses gouvernantes. Une connaissance de la famille convainc son père de lui faire donner des leçons de mathématiques.

 

À l’époque le courant idéologique des nihilistes prône l’égalité. Et en 1868 Sofia obtient d’un de ces nihilistes, Vladimir KOVALEVSKI, qu’il accepte de contracter un mariage blanc pour lui permettre de partir étudier les mathématiques en Allemagne, car l’université russe refuse les femmes et les femmes ne peuvent voyager seules. Vladimir chaperonne aussi une amie chimiste de Sofia : Julia LERMONTOVA.

 

À l’Université d’Heidelberg, les femmes ne sont pas acceptées d’office. Chaque enseignant doit être sollicité individuellement. Sofia commence ses études de mathématiques. Elle est tellement douée, qu’un de ses enseignants la pousse à partir à Berlin pour étudier avec WEIERSTRASS. Pourtant l’Université de Berlin est fermée aux femmes et WEIERSTRASS est contre leur entrée. Mais il accepte de tester Sofia. Son niveau est tel qu’il change d’avis et accepte de lui donner des cours particuliers. En 1874 elle publie trois articles qui méritent chacun l’attribution d’une thèse de doctorat. L’université prussienne de Berlin est hostile aux femmes. Mais celle de Göttingen accepte que Sofia soutienne sa thèse in absentia, sans épreuve orale (idem pour son amie Julia LERMONTOVA, 1ère docteure en chimie d’Europe). Elle devient la 2ème Européenne après la Russe Elena LEY (en 1867 à Paris) à soutenir une thèse de mathématiques.

 

Après la mort de ses parents, Sofia vit une histoire d’amour compliquée avec son mari. Ils ont une fille, puis ils se séparent. Sofia vient à Paris où elle s’intègre bien à la communauté des mathématiciens. Elle est la 1ère femme élue à la Société mathématique de France. Mais les épouses refusent d’inviter une femme seule, sans son époux, dans leurs salons. En Russie Vladimir dilapide l’héritage de Sofia et se suicide.

 

Le mathématicien suédois MITTAG-LEFFLER obtient alors un poste de professeur d’université à Sofia à Stockholm en 1883. Pour la 1ère fois en Europe au XIXe siècle, une femme est professeure d’université. Le statut de veuve aidant (!), Sofia est beaucoup mieux acceptée, et sa vie sociale est très riche. Jamais elle n’a été aussi prolifique dans ses recherches. Ses travaux sur les solides (la toupie de KOVALEVSKAÏA est encore connue aujourd’hui) lui valent de remporter le Prix Bordin de l’Académie des sciences française en 1888.

Charlotte SCOTT (1858-1931) : de Cambridge à une université pour femmes aux États-Unis 

Charlotte SCOTT étudie à Cambridge de 1876 à 1880 au Girton College réservé aux jeunes femmes ; elle obtient ses diplômes de l’Université de Londres qui accepte depuis 1878 de délivrer des diplômes aux femmes.

 

En 1880 elle obtient l’autorisation de passer le célèbre examen du Tripos de mathématiques de Cambridge (50 h d’examen !) qui était interdit aux femmes. Elle arrive 8ème mais n’est pas citée lors de la cérémonie – à laquelle elle n’a pas le droit d’assister. Pourtant son rang a fuité et son nom est acclamé par les étudiants, et la presse parle d’elle. Après la performance de Charlotte, les femmes sont autorisées à passer le Tripos et elles sont classées. Les capacités des femmes en mathématiques ne peuvent plus être niées à Cambridge. Charlotte commence ensuite des recherches avec un mathématicien de Cambridge qui accepte d’encadrer une femme. En 1885 elle devient la 1ère femme britannique à soutenir un doctorat de mathématiques (la 1ère Française en soutient un en 1930).

 

Quel avenir s’offre donc à elle en Grande-Bretagne ? Aucun qui lui permette de poursuivre ses recherches et d’en encadrer. Elle décide donc de s’exiler dès 1885 aux Etats-Unis où le Bryn Mawr College vient d’ouvrir ses portes pour les femmes, avec des départements de recherches. Charlotte SCOTT y devient professeur et chercheur, et elle y dirige le département de mathématiques pendant plusieurs décennies et y encadre 7 thèses de doctorats.

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